Energie et intégration


Usine hydroélectrique du Saut-de-Sabo sur le Tarn

L’eau
Il n'est pas normal que l’énergie électrique française dite "verte" soit presqu'exclusivement assurée par les rivières et leurs centrales hydroélectriques Le fleuve corse le Rizzanese en est bien le plus triste exemple. La mer recèle pourtant en son sein une source d’énergie inépuisable et considérable, les courants maritimes. Mise à part l’usine marémotrice de la Rance, la mer a peu participé en France à la production d’énergie. L’intégration des barrages-voûtes dans le paysage est souvent un échec. A l’étiage, les exemples de vallées ensablées voir envasées en amont de ces barrages ne manquent pas et le spectacle est parfois désolant. Les exemples d’intégrations réussies sont rares. Il faut cependant citer l’usine hydroélectrique du Saut-de-Sabo de St Juéry en amont d'Albi. Le resserrement du Tarn a provoqué à cet endroit une chute naturelle de près de 20 mètres et sur cet emplacement, initialement occupé par une usine sidérurgique, l’EDF a construit cette usine hydroélectrique parfaitement intégrée dans la roche. Les fleuves traversant les grandes métropoles constituent une réserve thermique trop longtemps ignorée. De même, les nappes phréatiques,  souvent disponibles pour le chauffage thermodynamique dans les couches de terrains alluvionnaires à proximité des rivières  sont trop peu souvent utilisées


   Une centrale nucléaire ancienne génération sur le Rhône

 

 

L’atome
L’intégration des centrales nucléaires dans le paysage est-elle acceptable ?  A vous de juger. Période d’étiage mise à part, les poissons ne semblent pas trop perturbés par le léger réchauffement de la température du fleuve. Ce réchauffement en diminuant la teneur en oxygène dissoute dans l'eau entraîne toutefois une sensible accélération microbienne et affecte légèrement l'écosystème constitué par la rivière, on voit parfois sur les berges de nos rivières des arbres desséchés les pieds dans l’eau. Quant aux ‘’fumées’’, elles se composent d’une inoffensive vapeur d’eau sans aucun risque pour l’environnement. S’il n’y avait les risques écologiques lors du transport et du stockage des déchets radioactifs ainsi que la nécessité d’un contrôle rigoureux au niveau de la sécurité pour minimiser le risque nucléaire, l’énergie issue de la ‘’fission’’ nucléaire serait presque parfaite. Reste la remise de la nature à l'identique en fin de vie des anciennes centrales nucléaire dont le coût doit impérativement être inclus dans le prix de l'énergie électrique afin d'éviter la "terre poubelle". Le chemin à parcourir sera long entre les nouvelles générations de centrales nucléaires type surgénérateurs* et la fusion nucléaire utilisée au fin de production d'énergie. Cette dernière n'est pas pour demain. Quant à la pile à combustible, plus proche de nous, elle présente l'avantage de produire électricité et chaleur.

* Reste à espérer que les surgénérateurs qui semblent vouloir s'implanter en bordure de mer seront aussi bien intégrés à leur environnement que l'usine hydroélectrique du Saut-de-Sabo.


     En Allemagne*

 

 

Le vent

Le paysage est-il affecté ? Pour certains oui, pour d’autres, qui installent des sentiers de randonnées au pied des éoliennes terrestres, non. Tout au plus le niveau sonore peut être une gène si l'éolienne est situé trop près de habitations. En Allemagne, il est très fréquent de rencontrer des batteries de 3, 6,  9 voire une cinquantaine d’éoliennes en fonctionnement sur le même site. Nous sommes très en retard par rapport à nos voisins dans ce domaine. La France qui ne produit que 1% de l'électricité qu'elle consomme à partir de l'éolien contre 23% pour le Danemark championne dans ce domaine, a choisi une autre orientation. Pourtant quelques éoliennes bien disposées pourraient utilement remplacer quelques microcentrales installées sur les parcours touristiques des rivières. Les éoliennes peuvent en effet avoir des puissances importantes qui ne sont malheureusement disponibles que lorsque le vent souffle. Un programme d'investissement important va dans ce sens. Avec la houle, le vent génère aussi des énergies de surface importantes qui ne sont pas encore utilisées. Ces énergies sont toutefois aléatoires et l'on peut s'interroger

qui va l'emporter entre le vent et l'eau.

 


          Photo Jean Luc  Grossmann             http://www.photopulse.ch

Le soleil

L'action solaire sur la couche supérieur de la croûte terrestre va jouer un rôle important pour le chauffage thermodynamique et la production d'énergie thermique. Deux techniques de panneaux solaires se partagent la production d’énergie: les panneaux photovoltaïques qui convertissent ce rayonnement en électricité et les capteurs thermiques qui utilisent directement le rayonnement solaire pour chauffer l’eau. Ces derniers deviennent de plus en plus compétitifs, particulièrement dans le sud de la France. L'apport de puissance est encore malheureusement relativement faible comparativement au besoin thermique du chauffage. Le prélèvement que l'homme arrive  à effectuer pour ses besoins par rapport à l'énergie considérable qui nous vient du soleil est extrêmement faible. Toutefois, les progrès techniques, l’intégration des panneaux solaires sur la toiture des bâtiments, il est vrai actuellement controversée, l'aide fiscale accordée pour les nouveaux équipements cumulée au rachat par l’EDF de l’électricité produite à un taux fortement majoré par rapport aux 10 centimes d’euros facturés par l’EDF au particulier, diminue notablement la période d'amortissement. Le soleil fera-t-il de l'ombre au nucléaire? Le besoin insatiable en énergie de l'homme sera-t-il satisfait à long terme par l'atome ou le soleil?  Cette question risque de rester sans réponse pendant une trentaine d'années. L'atome, sous l'impulsion de la France, semble marquer actuellement incontestablement des points mais certains experts prévisionnistes en énergie n'hésite pas à prévoir que la totalité de l'énergie mondiale sera d'origine solaire à l'horizon 2050